L'impact territorial d'une entreprise ne se limite pas à ses emplois directs. Chaque euro de chiffre d'affaires déclenche une chaîne de valeur invisible : achats auprès de fournisseurs, salaires versés aux ménages, consommation locale. Notre modèle décompose cet impact en trois niveaux imbriqués.
À partir du chiffre d'affaires déclaré et de la section NAF de l'entreprise, nous appliquons les ratios financiers sectoriels de la Banque de France pour estimer les agrégats économiques directs. Ces ratios sont calculés annuellement à partir de plus de 250 000 bilans d'entreprises françaises.
| Indicateur | Source | Exemple (section F — Construction) |
|---|---|---|
| Taux de valeur ajoutée | BdF FIBEN | 38,5% du CA |
| Part personnel / VA | BdF FIBEN | 68% de la VA |
| Part État / VA | BdF FIBEN | 9,5% de la VA |
| Productivité du travail | INSEE ESANE | 52 k€ VA / emploi / an |
Le modèle entrées-sorties de Wassily Leontief (prix Nobel 1973) permet de calculer, pour chaque euro de production dans un secteur, les productions induites dans tous les autres secteurs de l'économie. Nous utilisons la matrice Leontief calculée à partir des tableaux ICIO (Inter-Country Input-Output) de l'OCDE, extrait France.
La matrice leontief_france_naf stockée dans notre base Supabase
contient 289 coefficients (17 × 17 sections NAF).
Pour chaque section activée, nous calculons ensuite la VA, les salaires,
les taxes et les emplois induits via les mêmes ratios BdF.
Les salaires versés (couches 1 + 2) alimentent la consommation des ménages, qui à son tour génère de l'activité économique. Nous modélisons ce circuit via l'enquête HBS (Household Budget Survey) d'Eurostat, qui mesure la structure de consommation des familles françaises par catégorie COICOP.
— dérivée du mapping COICOP → NAF via Eurostat HBS France 2020
— 12 catégories COICOP mappées sur 15 sections NAF
Le mapping COICOP → NAF est réalisé avec une pondération économique. Par exemple, CP01 — Alimentation est distribué entre A (Agriculture, 25%), C (Industrie manufact., 40%) et G (Commerce, 35%), reflétant la chaîne de production alimentaire française.
Le multiplicateur d'emploi mesure combien d'emplois totaux sont générés dans l'économie pour chaque emploi direct créé par l'entreprise. Un multiplicateur de 2,25× dans la construction signifie que pour 100 emplois directs, 125 emplois supplémentaires sont créés dans l'économie française.
Les multiplicateurs varient significativement selon les secteurs : la construction (2,25×) et l'agriculture (2,15×) ont les multiplicateurs les plus élevés car elles génèrent beaucoup d'achats intermédiaires locaux, tandis que la finance (1,42×) et l'immobilier (1,38×) ont des effets plus faibles car leur valeur ajoutée est davantage captée par le capital.
Les principaux facteurs non pris en compte :
| Facteur | Impact possible | Recommandation |
|---|---|---|
| Structure fournisseurs réelle | ±20 à 40% sur les effets indirects | Analyse sur mesure recommandée |
| Localisation géographique | Impact territorial régional vs. national | Rapport territorial disponible |
| Exportations | Fuite de valeur hors France sous-estimée | Correction possible sur demande |
| Taux de recours à l'intérim | Emplois indirects surestimés | Variable d'ajustement disponible |
| Investissements immatériels | R&D, brevets non captés par le modèle | Extension en cours de développement |
— productivité : VA par emploi, source INSEE ESANE 2022